Le Japon épouse la culture du thé :
Au 9ème siècle, les moines bouddhistes introduisent le thé sous la forme de galettes à la manière de Lu Yu.
Au 12ème siècle, un moine Eisai (1141-1215) importe des graines de théier et lance la théiculture dans l'archipel nippon, tout d'abord sur l'île de Kyushu, puis sur celle d'Honshu (à Uji, près de Kyoto). A cette époque, on consomme le thé comme en Chine avec les mêmes ustensiles, importés de Chine.
Le thé séduit le milieu shogunal pour devenir central dans la vie des Samouraï dès le 13ème siècle. Le "maître du thé" pratique la cérémonie du thé dans un but de purification, ayant pour fin de se donner de la puissance.
Au 15ème siècle, la cérémonie du thé est devenu un rituel pompeux, sujet à concours. C'est à ce moment là qu'on tend à retourner aux origines monastiques zen par un cérémonial plus épuré. On passe alors de la salle d'apparat au pavillon de thé, "soân" (la maison des pauvres), qui se trouve dans le fond d'un jardin à l'écart du monde. On prépare le thé Maccha, un thé vert en poudre, en utilisant des ustensiles rustiques en appliquant de nouvelles conceptions comme le "wabi". Le concept se résume ainsi : "la beauté glacée et flétrie", autrement dit, il s'agit d'appliquer la beauté et la valeur à ce qui est imparfait, irrégulier et incomplet. La préparation du thé est hautement spirituelle à cette époque au Japon avec 4 principes fondamentaux : Harmonie (wa), Respect (kei), Pureté (sei) et la synthèse des trois : Sérénité (jaku).
La cérémonie du thé japonais :
Celle-ci se déroule sur une journée, dans une petite salle au mobilier sommaire, avec une calligraphie pour la décoration, un carré de soie pour la purification et une pâtisserie pour tapisser le palais de sucré et le préparer à l'amertume et au velouté du thé fouetté. On prépare donc le Maccha (ou Koicha ou Usucha) émulsionné dans de l'eau chaude.
Si le thé est fort, il est seulement délayé, on constate une émulsion très dense sans mousse, on choisira alors avant dégustation, la pâtisserie "omogashi" : fraîche et moelleuse.
Si le thé est léger, présentant une émulsion aérée et mousseuse, on optera alors pour une pâtisserie sèche et très sucrée, appelée "higashi". A ce moment-là, il s'agit d'entrer en communion avec soi-même et les autres personnes présentes.
Il existe aussi le thé de lettrés, pratiqué au printemps dès l'arrivée des plus beaux crus de thés mais là, la pâtisserie est dégustée après la première infusion.
Particularité : les Japonais boivent une grande quantité de thé vert infusé brûlant lors des repas. De qualité moyenne, ils sont souvent torréfiés, ce sont alors des thés verts grillés. Ils consomment également du wu long, importé depuis Taïwan, glacé et non sucré, proposé en canettes. Paradoxalement, certains Japonais peuvent dépenser des fortunes pour de beaux crus de printemps consommés en dehors des repas afin de véritablement les déguster.
Il existe également des écoles de thé, comme il se pratique des cérémonies du thé par des moines zen dans les monastères à certaines périodes de l'année.
Les vertus du thé :
Ce sont les laboratoires japonais qui, les premiers, se sont intéressés aux vertus du thé. Ne produisant que du thé vert, ils se sont contentés d'étudier le thé vert uniquement. Depuis longtemps, celui-ci est utilisé dans les cosmétiques pour ses propriétés anti-oxydantes. On constate que quantité de livres de recettes sont consacrés à la cuisine au thé vert dans le cadre d'une alimentation toujours plus saine.
Sur le plan culturel, on retiendra que beaucoup d'aliments sont déjà à base de thé vert comme des bonbons, des chewing-gums, des glaces, des soupes ou encore des pâtisseries. On peut avoir un aperçu de ce genre de gourmandises chez le célèbre pâtissier japonais Sadaharu Aoki à Paris.
Après ce long mais succinct tour d'horizon, nous sommes plus à même de reconsidérer la question du thé : ce que l'on trouve en grande quantité dans toutes les grandes surfaces sont-ils des thés de qualité ? Où peut-on trouver alors des thés de dégustation, où pouvons-nous être initiés ?